July 21st, 2005

2017

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Une série des émissions sur Arté sur les « spin-doctor » (conseillers en relations publiques). Depuis les grands classiques (élection de Kennedy) jusqu’aujourd’hui. Une grande partie de l'émission a été consacrée aux élections russes de 1996, les interviews des gens prétendant que n’importe qui peut être élu président, s'il le souhaite, ce n’est qu’une question d’argent. La démocratie, quoi…

Dans la même émission : le virus « I love you ». Les conseillers de Clinton lui ont dit que le président d’un grand pays ne peut pas rester à côté de la question qui concerne autant de gens. Même s’il n'y connaît rien – il suffit de trouver « le spécialiste ». On le trouve, mais les conseillers disent qu’il n’a pas l’air d’un informaticien. Finalement il est remplacé par un autre (petit jesus aux cheveux longues, barbe, t-shirt), dont personne ne se sait plus aujourd’hui s’il était vraiment un informaticien.

Dans la même ligne : l'office de tourisme polonais fait la pub avec les images d’un « plombier polonais » - un grand épouvantail pendant le référendum sur la constitution.
Evidement, le « plombier » n’est pas un vrai plombier, mais un mannequin.

Et encore : Hitchcock prépare le remake de son « L’homme qui en savait trop ». Il cherche un comédien pour le rôle (assez épisodique) d’ « un ambassadeur qui pourrait être tué par les terroristes ». L’agence de casting lui envoie une dizaine des comédiens qui ont déjà joué des ambassadeurs, ministres, banquiers, etc. Tous en costume - cravate, petite barbe « de ministre ».
Hitchcock demande les photos des vrais ambassadeurs à New York – personne n’est barbu.

Puisqu’on parle de Hitchcock : son « La main au collet » n'est pas accepté par la censure. Hitchcock ne veut rien changer dans la scène jugée trop érotique, il remplace juste les saxophones par les violons – et ça passe.

J’ai commencé à lire « Vous voulez rire monsieur Feynman » (la traduction plus adéquate sera « Vous plaisantez monsieur Feynman », mais bon, qu’est-ce qu’on peut attendre des gens qui ont mis « Le cours de physique de Feynman » dans la catégorie de « Mécanique cantique » (sic)).
Sans doute, il était un homme très difficile à vivre avec (trop présomptueux, limite effronté), mais qu’est-ce qu'il est génial !
Le foyer de MIT (surtout l’épisode avec le vol des portes d’appartement des « polars ») m’a fait penser à mon alma mater.
Et sa façon de dire la vérité littéralement en mentant de facto. J’avais la même habitude que j’ai abandonnée après avoir entendu une blague. Un homme rentre de chez sa maîtresse, passe chez un poissonnier et demande de lancer le poisson par dessus le comptoir pour qu’il puisse dire que « il l’a attrapé » (en russe le même verbe que pour « capturer »).

Un site en cas des crises de « recherche de soi » : Informaticiens sans frontières. Ils recherchent constamment des volontaires pour des programmes humanitaires dans le monde entier. Par exemple, l'association ICvolunteers, avec la description des projets réels sur leur site.
2017

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Je continue à lire le livre de Feynman. Décidément, j’aime bien cet homme.

Un jour il visite sa femme à l’hôpital. En l'attendant il feuillette un magazine et trouve un article sur l’odorat des chiens. Tiens, dit-il, allons vérifier. Il donne à sa femme 6 cannettes de soda, demande d'en choisir une et de la garder pendant 2 minutes. Après il la trouvera à l’odeur.
A la fin il arrive à retrouver le livre que les invités prennent dans l’armoire juste pour l'ouvrir et le ranger immédiatement. Evidement, sa réputation de faker faisait que les invités cherchaient d’autres explications – « plus vraisemblables ».

Une autre histoire : Feynman travaille à Los Alamos. Manhattan project, top secret, clôture de barbelé. Dans la clôture – un trou. Comme ça, juste pour gagner un peu de temps et ne pas passer par l’entrée contrôlée.
Feynman veut voir comment réagit le gardien s’il rentre par l’entrée (votre badge, bonjour M. Feynman), sort par le trou, rentre par l’entrée (votre badge…), sort par le trou, etc. A la n-ième itération un officier l’attend à l’entrée.
Tout comme mon copain de l’université, qui a fait le même truc avec son chien. Le plus drôle c’est que la réaction était la même : le chien a montré les dents.

C’est assez amusant et ça m’arrive souvent de reconnaître mes amis de fac en Feynman.
Et moi, je me suis reconnu dans le Семь лепестков :
Les hommes sont toujours en compétition. Qui a la bite la plus grande, qui a passé l’examen le plus vite, qui a baisé le plus de femmes, qui a gagné le plus d’argent, qui a la voiture la plus rapide…
Je pense très souvent à la compétition qu'on a fait comme ça, juste pour nous entraîner avant les examens. Qui résout les problèmes de l'examen de l’année précédent plus vite que les autres.

Un autre lien entre Feynman et Hitchcock. « I confess » de ce dernier n'est pas très bien accueilli aux Etats-Unis, parce que la publique (majoritairement non catholique) ne comprend pas très bien la force du secret de confession. Surtout, si le « méchant » se confesse, et le « bon » prêtre est suspecté par la police.
C’est juste pour dire qu’il faut toujours réfléchir comment les autres comprennent ce qui est évident pour nous.
Et voilà Feynman. Avec son amour pour puzzles il étudie les coffres forts de Los Alamos. Très vite il trouve qu’ils ne sont pas aussi forts que ça. Surtout, si le propriétaire ne ferme pas la porte tout de suite après avoir pris les documents qui l’intéressent. Non, on ne voit pas le code « en clair », mais il suffit de « jouer » en peu avec des disques pour retrouver 2 derniers chiffres du code (il y en a trois en tout).
Feynman montre son exploit au responsable de la sécurité qui demande à tous les collègues de Feynman de changer les codes de leurs coffres forts. « Le danger pour lui n’était pas la mauvaise qualité des coffres forts, mais moi personnellement ! » Eh oui. Ce qui est évident pour Feynman peut être compris de 1000 autres façons.

A propos du film de Hitchcock : il a été tourné au Québec – la ville est pas mal. Je ne suis pas sur que ce soit vrai, mais on dit que c’est la plus vielle ville européenne en Amérique, et que c’est la seule ville fortifiée en Amérique du Nord. Les remparts (selon Hitchcock ils font penser à Jérusalem, mais ils me font penser plutôt à Autun), les rues pavées très courbées. Il faut y aller un jour.

Sinon, c’est la canicule, tout le monde se prépare à la chaleur. A la superette on voit une affiche avec des conseils aux vieux : rester dans l’ombre, boire beaucoup, passer 3-4 heures dans les espaces climatisés (cinéma, bibliothèque municipale, supermarché).
2017

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Au Louvre je suis passé aux salles grecques. J’ai appris tout de suite un mot : « coroplathe » - fabricant des poupées en argile, littéralement « modeleur de jeunes filles » en grecque.
La première racine « coré » (« couros » pour le masculin) est utilisée pour désigner la personne inconnue dont la statue (ou une partie) est retrouvée. C'est-à-dire, si on ne sait pas que le bout du genou est d’Athéna, il faut écrire « le bout du genou de la coré » (ou « du couros », si le spécialiste est capable de voir la différence au niveau du bout du genou).

La bonne nouvelle est à la une de Le Monde : encore une ville française dans la liste de la patrimoine mondiale de UNESCO ! Cette fois il s’agit du centre du Havre, un formidable exemple de l’architecture d’après guerre et de l’utilisation du béton.
Je ne crois pas qu’il existe dans la liste un autre site présenté par un article sans photo.

Dans le même journal : questionnaire sur les religions dangereuses. Voyez-vous le danger de l’Islam ? Pensez-vous que l’Islam est un danger pour votre pays ? Quelle est la religion la plus dangereuse au monde ?
C’est surtout la dernière question qui m’a amusé. Les Européens – tous comme un – répondent Islam. Les Palestiniens et Libanais – Judaïsme. Les Turcs – Christianisme. Chacun a ces problèmes.
Je ne peut traiter les résultats qu’en dérivant qu’il n’y a pas de religion dangereuse. La religion est un moyen simple de souder les amis ou regrouper les ennemies, mais ce n’est pas une cause en soi.

J’aime bien la rubrique « carnet du jour » dans Le Monde. Les annonces mondaines : mariages, décès, anniversaires, etc. Aujourd’hui au métro j’ai vu quelqu’un qui lisait ça.